Un court-métrage au coeur du Parc National du Grand Paradis.

Chaque année, en novembre, je pars quelques jours en Italie avec mon père dans une vallée sauvage du Parc National du Grand Paradis. La montagne, aux portes de l’hiver, est le théâtre du rut du chamois et des prémices de celui des bouquetins.
Surtout, le changement des saisons donne à la montagne une tonalité toute particulière.
Sous les premières neiges, les dernières aiguilles dorées des mélèzes.

Comme de nombreuses fois déjà, je suis les pas de mon père qui me guident sur les sentiers du paradis…

En novembre, les touristes et randonneurs ont déserté la montagne. Les rencontres humaines se font rares, parfois un photographe ou un garde du parc.
Rendu à son rythme sauvage, le Grand Paradis redevient celui des bouquetins et chamois dont le rut bat son plein, des aigles, des gypaètes ou des renards.

Cette année le rut est plus calme. Est-ce la météo, la température, l’enneigement ? Difficile de savoir ce qui influence réellement la manière dont l’intensité du rut se dessine. Mais les journées passées là-haut n’en sont pas moins savoureuses.
Dans ce parc national, où la chasse est bannie depuis près de 2 siècles, l’observation de la vie sauvage est palpitante.
Les animaux restent farouches mais ne fuient pas l’homme comme c’est souvent le cas ailleurs. L’important est alors de trouver la bonne place, la distance suffisante pour ne pas perturber le spectacle qui s’offre à nous… se poser et se faire oublier. Tenter quelques heures durant de faire partie du décor. La discrétion et le calme sont toujours les meilleurs alliés du “capteur d’images”.

Un tournage en montagne est évidement assez compliqué.
Chaque jour une ascension de 800 à 1000m de dénivelé positif, ça fait réfléchir à l’utilité de chaque accessoire que l’on emporte dans son sac.
Il faut anticiper un changement radical de météo qui peut survenir à tout moment, des vêtements pour lutter contre le froid, la neige et surtout : le vent. Prévoir un retour nocturne à la lampe frontale. Penser aussi à une paire de raquettes, car l’enneigement au-delà des forêts est souvent surprenant.

Dans mon cas, j’ajoute une paire du jumelle, la caméra (Sony fs5), micro, le trépied et rotule vidéo, quelques optiques (nikon 24-70, nikon 70-200 et nikon 200-500mm), le sac avec l’équipement, pic-nic et gourde… on dépasse déjà largement les 20 kg.

Une fois là-haut, il faut prendre le temps. Se poser, observer, scruter le paysage et les lignes de crêtes. Tenter d’anticiper les mouvements des animaux. Surtout : tendre l’oreille à la musique de la montagne et respirer profondément la pureté de l’instant…


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