© Martin Dellicour

Deux janvier

Deux janvier

La neige, fine, force le contraste. Mais quel hiver ?
Il y a ce silence plein d’incertitude, ce gris des saisons qui doutent.
Un chemin humide entre deux janviers…

— © Martin Dellicour
Janvier 2021, Ardenne



Photographie nature avec le Nikon Z6

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Photographie nature avec le Nikon Z6

Expérience de terrain

Ce printemps, Nikon m’a confié un Nikon Z6 et deux optiques. L’occasion pour moi de tester ce nouveau type de boitiers hybrides dans des conditions réelle de terrain. Je ne suis pas un technicien, la technologie ne m’intéresse que dans la mesure ou elle me permet de réaliser des images de manière efficace et c’est donc dans cette démarche que je suis toujours curieux d’expérimenter de nouveaux outils.

En route pour quelques coins sauvages de la forêt ardennaise.

Je ne vais pas développer ici une analyse pointue comme vous en trouverez des dizaines sur le web, mais plutôt vous proposer une synthèse de ce qui m’a séduit – ou pas – dans mon utilisation du Z sur le terrain. Un compte rendu simple, sincère, sans prétention.

Quelle sont les contraintes habituelles auxquelles je fais face sur le terrain :

La photo nature et animalière en particulier n’est pas comparable à d’autre situation.
La lumière est souvent compliquées (les meilleures rencontres et images se font souvent autours du lever et du couché du soleil), les objectifs nécessaires sont souvent encombrants et lourds (zoom de 500 ou 600mm pour pouvoir photographier tout en conservant une distance raisonnable des animaux photographiés) et les photos doivent souvent être faites dans des conditions complexe : passages furtifs, mouvements du sujet,… bref : il est important d’être efficace au moment précis ou la belle image peut être faite.

En Ardenne, la plupart des animaux sont particulièrement farouches. La discrétion est la condition première a tout espoir de rencontre.

Si l’essentiel reste bien entendu notre capacité à observer et étudier l’espèce et le milieu que l’on souhaite photographier s’il est incontournable de prendre le temps de connaitre chaque détail pour savoir quand l’image sera intéressante et porteuse d’une véritable histoire, il ne faut pas oublié d’être prêts au bon moment.

En résumé, la réflexion lorsque l’on s’équipe doit tenir compte de 5 points clés :

– l’encombrement : boitier + caméra, objectifs, jumelle, camouflage, sac,… je suis toujours trop “chargé” une fois équipé ;
– la discrétion : le bruit et l’odeur sont les deux plus grandes difficultés à contourner pour réaliser des images de la faune sauvage ;
– la réactivité : malgré des affût bien préparés, on doit souvent être très vif pour saisir l’image espérée où l’animal, son cadre, son attitude et la lumière dégagent ensemble quelle-chose de fort. C’est parfois un moment d’une furtivité incroyable ;
– la polyvalence : je passe continuellement de la photo à la vidéo. Suivant les situations et les conditions, j’aime pouvoir glisser en quelques instants de l’une à l’autre ;
– la lumière : Pour la photographie nature en générale et en Ardenne en particulier, les moments les plus favorables pour de belles images sont souvent lorsque la lumière est difficile, tôt le matin ou tard, après le couché du soleil. Cette faible lumière est souvent particulièrement intéressante pour les ambiances mais complexe pour la prise de vue.

C’est dans cet esprit que je test un boitier et sur ces critères que j’espère toujours des améliorations.
Le Z6 a été une belle surprise. Dès la prise en main j’ai retrouvé mes “automatismes” et les menus de mon Nikon D850, boitier réflexe incroyable.
Avantage immédiat du Z : c’est petit, compact, léger. Pas mal de boutons configurables bien placés et une bonne prise en main.

Futaie dans le Condroz
Nikon Z 6 + 14-24 mm

Après quelques semaines d’utilisation sur le terrain, voici pour moi les atouts de ce boitier :

en photo :

  • le silencieux ! La possibilité de déclencher sans émettre le moindre son est vraiment un énorme atout en photographie animalière.
    Aucun dérangement, j’ai pu totalement me faire oublié.
  • La dynamique des images obtenue est excellente. Pas grand chose à envier à mon D850 (ma référence 😉 )
  • compatibilité parfaite avec mes objectifs plus anciens
  • la gestion des basses lumières est à la hauteur de mes attentes. A 6400 iso, ça reste très propre.

en vidéo :

  • Un mode N-Log (equivalent à un rendu raw en photo) vraiment qualitatif sur mon Atomos
  • Un tracking AF vidéo relativement efficace. Utilisable sur le terrain dans certaines conditions.
  • Menu Nikon intuitif comme toujours.
  • Slowmotion video très pratique.
  • Stabilisation interne performante en vidéo.
  • Gestion des basses lumières impressionnantes.
  • Touchscreen efficace
  • Qualité et dynamique des images obtenues c’est vraiment très bon.

Des défauts ? Bien sur il y a toujours quelques points qui peuvent être améliorés :
– j’ai trouvé l’autonomie trop faible, surtout en vidéo. Je sais que je dois avoir 3 batteries avec moi pour une longue séance d’affût ;
– filmer en raw est un vrai plus pour la post-prod. Mais on ne peut le faire qu’en passant par un enregistreur externe ce qui est (vraiment) dommage ;
– le viseur optique d’un boitier réflexe comme le D850 reste pour moi plus confortable
– encrassement assez rapide du capteur (avec des changements réguliers d’objectifs sur le terrain)

Le Z6 forme le parfait duo avec mon D850.
Deux boitiers aux typicités complémentaires. En animalier, il est clair que ces nouveaux boitiers hybrides discrets et légers sont une révolution.

Pour ceux qui désire en lire d’avantage, je vous invite à découvrir mon interview complet pour Nikon en français : http://bit.ly/2RQq0OO ou en néerlandais : http://bit.ly/2KGEVdG

Bouleaux
Nikon Z 6 + 400 mm f6

©Martin Dellicour